Le mot transe peut impressionner.
Il peut évoquer quelque chose de spectaculaire, d’étrange, voire de totalement incontrôlé. Certaines personnes pensent immédiatement à des mouvements involontaires, à des pratiques ésotériques ou encore à la consommation de substances.
Pourtant, la transe est quelque chose de beaucoup plus large que cela.
Elle existe sous de nombreuses formes, depuis très longtemps, dans de nombreuses cultures. Elle peut être calme ou dynamique, silencieuse ou expressive, très légère ou particulièrement profonde.
Et surtout : être en transe ne signifie pas perdre le contrôle.
Ce que je vais expliquer ici n’a pas vocation à être « la vérité » sur la transe. Il s’agit plutôt de ma façon de la comprendre aujourd’hui, nourrie par plus de vingt années de pratique et d’expérience de la transe hypnotique.
J’aime utiliser l’image d’un sablier.
Non pas pour affirmer qu’il n’existerait que deux types de transe, mais parce qu’elle permet de comprendre simplement deux grandes directions possibles.
D’un côté, une transe de relaxation.
De l’autre, une transe d’activation.
Entre les deux, de nombreuses nuances sont évidemment possibles.
C’est celle que j’utilise principalement dans ma pratique de l’hypnose profonde.
Ici, l’attention portée au monde extérieur diminue progressivement. Le mental devient moins présent, les pensées ralentissent, le corps peut se relâcher davantage.
La personne ne « disparaît » pas et ne devient pas inconsciente au sens médical du terme. Elle reste présente, mais d’une autre manière.
On pourrait dire que le fonctionnement conscient devient moins envahissant.
Cette profondeur permet notamment de laisser davantage de place au repos, à la récupération, au relâchement des tensions et à l’apaisement de certaines sensations corporelles désagréables.
C’est souvent dans cette direction que je travaille en hypnose profonde.
Mon objectif n’est alors pas forcément de « faire travailler » la personne, ni de lui demander d’analyser quoi que ce soit.
Parfois, il s’agit simplement de laisser le système se poser profondément.
C’est aussi ce qui explique que certaines personnes décrivent ensuite une sensation de déconnexion, de calme profond, de récupération ou de temps suspendu.
Cette recherche d’un état particulier favorisant le repos ou la récupération traverse l’histoire humaine.
Dans l’Antiquité, les Grecs ont notamment développé des pratiques d’incubation dans certains sanctuaires liés à Asclépios. Des formes comparables existaient également dans l’Égypte ancienne.
Il ne s’agissait pas exactement de « sommeil » au sens où nous l’entendons aujourd’hui, ni évidemment d’hypnose moderne.
Mais l’idée était déjà présente : créer des conditions particulières permettant de se retirer du fonctionnement quotidien et d’entrer dans un état différent, propice au repos, aux rêves, aux perceptions intérieures ou à une forme de régénération.
À mes yeux, cela permet surtout de rappeler une chose :
l’être humain recherche depuis très longtemps des états de conscience différents de son fonctionnement ordinaire.
Il n’y a rien de particulièrement moderne ou de « bizarre » là-dedans.
À l’autre extrémité de mon sablier, je place ce que j’appelle la transe d’activation.
Cette fois, l’objectif n’est pas nécessairement de ralentir ou de se mettre au repos.
L’expérience peut au contraire devenir plus riche intérieurement.
Des images peuvent apparaître.
Des sensations peuvent devenir plus présentes.
Des associations peuvent émerger.
Certaines compréhensions peuvent sembler arriver spontanément, sans avoir été construites volontairement par le raisonnement habituel.
Dans cette représentation, je dirais simplement que la part consciente prend moins de place et que des processus moins accessibles habituellement deviennent davantage perceptibles.
Cela ne signifie pas que tout ce qui apparaît serait nécessairement vrai.
Une image reste une image.
Une intuition reste une intuition.
Une expérience intérieure reste une expérience intérieure.
Mais elle peut parfois permettre de regarder autrement certains fonctionnements, certains automatismes ou certaines façons de réagir.
Et c’est là que peut apparaître une possibilité de changement.
C’est probablement le point le plus important.
Être en transe ne signifie pas être soumis à quelqu’un.
Cela ne signifie pas devenir inconscient.
Cela ne signifie pas faire n’importe quoi.
Et cela ne nécessite évidemment aucune consommation de substance.
Dans les états hypnotiques que j’accompagne, la personne conserve sa capacité à entendre, à réagir et à sortir de l’expérience.
La profondeur n’est donc pas synonyme de perte de contrôle.
Elle correspond davantage à une modification de la manière dont l’attention, les sensations et la conscience sont organisées pendant un moment.
Une personne profondément en transe peut simplement être installée dans un fauteuil, immobile, les yeux fermés.
De l’extérieur, il ne se passe parfois presque rien.
Et pourtant, intérieurement, l’expérience peut être extrêmement profonde.
C’est probablement l’un des malentendus les plus fréquents.
On associe parfois la transe à quelque chose de démonstratif : mouvements, tremblements, cris, comportements inhabituels…
Ces phénomènes peuvent exister dans certaines pratiques ou chez certaines personnes.
Mais ils ne définissent absolument pas la transe.
Une transe peut être parfaitement silencieuse.
Depuis longtemps, mon terrain principal reste clairement celui de la transe hypnotique profonde de relaxation.
C’est le côté gauche de mon sablier.
J’utilise ces états principalement pour favoriser un relâchement particulièrement profond, apaiser des tensions, diminuer l’importance de certaines sensations désagréables et favoriser une véritable récupération :
déconnecter, lâcher prise et récupérer, vraiment.
Mais il existe un autre territoire.
Celui de la transe d’activation.
Et ça se passe ICI.
À retenir : la transe n’est ni forcément spectaculaire, ni incontrôlée, ni liée à une substance. C’est une famille d’états de conscience que l’être humain explore depuis très longtemps, parfois pour se calmer et récupérer, parfois pour accéder à une expérience intérieure différente.
Cette approche s’inscrit dans un accompagnement de mieux-être complémentaire au suivi médical et paramédical. Elle ne remplace ni un traitement ni un avis médical.